Jour 3

Publié le par Sihame

La jambe dans l'atelle est lourde. Je n'ai plus de jambes. Je me réveille, il est 6 heures du matin. Je me suis endormi juste après être sortie de la salle d'opération. Il était environ 17 heures lorsque j'étais dans ma chambre. Je vois un conteneur au dessus de ma tête avec un bouton. Je ne savais pas encore que ça allait être mon meilleur ami...ou mon pire ennemi. Une infirmière est passé prendre une prise de sang et m'explique qu'on me piquera souvent. J'ai eu un frisson, je n'aime pas du tout les prises de sang. Ca m'angoisse, mes veines ne sont pas visibles du tout...il est donc difficile de me piquer. On m'explique que cette boîte contient de la morphine ou une solution proche de celle-ci. Je peux appuyer sur le bouton quand je veux pour m'envoyer une dose pour calmer une douleur. Comme je sentais mes os de la jambe gauche, j'appuie sur le bouton. La solution froide était directement lié à ma hanche et j'eus un petit sursaut. Je regarde sous ma couverture, il y a avait des tubes de partout. Celui de la morphine, celui datant de l'opération -que je n'ai pas osé enlever- et une autre qui allait hors du lit. Elle drainait quelque chose d'assez foncé. Je compris assez tard que c'était un drain pour le sang en trop dans mon genoux. Je m'assis avec difficulté, je n'avais vraiment plus de jambes, comme si on me les avait coupé. Je sentais que cette semaine serait très longue. Et dire que je marchais sans difficultés il y a même pas deux jours. J'essaiyais de m'assoir correctement car je me sentais de travers...j'arrêtais net mon mouvement. Trop de douleur. Une peur m'envahit. C'était bien pire que ce que j'avais vécu jusque là, combien de temps je tiendrais ? "Le temps qu'il faudra" me dis-je. Il fallait que je me calme. Ou tout ira mal. "Il est six heures du matin je crois là...il fait sombre...je vais essayer de dormir". Je m'allongeait et me sentais triste. Je regarde par la fenêtre qui donnait sur la clinique, je ne voyais qu'un bout de ciel...c'était mieux que rien...la seule ouverture et la seule vue pour que je respire et que je me sente libre dans une salle blanche, si vide.

Quelques heures plus tard, je me lève. Une aide-soignante vient m'aider pour faire un peu de toilette...le peu que je puisse faire. Je ne pourrai pas me lever de si tôt, surtout pour me laver. Je regardais ma jambe. Mon genoux avait pris de la taille, trois fois plus que d'habitude. J'avais une douleure constante, et chaque mouvement me coûtait en énergie. Heureusement que le lit pouvait m'aider à m'assoir sans que je bouge trop. Même si parfois, quand il levait ma tête, il levait mes pieds aussi un petit peu...mais c'était déjà trop. Je gémissais de douleur à chaque fois que ça me le faisait. Ma première visite fut celle de ma famille et de quelques amis de la famille. Les visites était de 10h à 20h. Ils avaient le courage de rester avec moi tout ce temps là...Par contre, ils mangeaient dehors ou ils rapportaient leur nourriture. Ils me parlaient ou parlaient entre eux pour faire de l'ambiance et pour passer le temps. Cette journée m'est parru beaucoup moins pénible dès qu'ils étaient là. Contrairement aux infirmières, même si elles étaient gentille avec moi (à ce moment là...), ce sont des gens de confiance qui me rendaient visite. Je me demandais ce que faisait mes amis proches de temps en temps, surtout le soir après leur visite en essayant de chercher le sommeil. Ils étaient tous quelque part, ou j'étais sans nouvelles. Les repas de l'hôpital n'était pas si mal, à part la sorte de soupe le soir qui était vraiment médiocre -n'ayons pas peur des mots-. Une journée passa tranquillement. Qu'est ce qui m'attendra demain ? Mon sommeil était terrible : je me levais toute les deux heures. Impossible de dormir correctement, et pourtant, j'étais un peu plus reposé...mais la fatigue était toujours là. Le sera-t-elle toujours ?

 

Sihame.

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