Jour 2

Publié le par Sihame

Le grand jour était arrivé. On me réveilla à 6h du matin pour me dire que l’opération était prévue à 14h. Je n’avais pas le droit de manger ou de boire, sauf ce matin justement. Je m’assis sur le lit, et on m’apporta un plateau-repas. Je n’avais absolument pas faim. Je pris à peine de quoi manger, juste du pain et une gorgée de jus de fruit. Quelques minutes plus tard, l’infirmière reprit le plateau et était étonnée de ce qu’elle voyait. :

«- Vous êtes sûre que vous ne voulez pas plus ?

-Non, merci…je n’ai vraiment pas faim. Répondis-je brièvement.

-Manger tout le pain au moins ! Vous ne pourrez pas manger à midi, insista-t-elle. »

A contrecœur, je m’exécutai. Je finis difficilement le pain. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi je n’avais pas faim du tout. A la normale, il est vrai que je ne mange pas beaucoup au levé, mais je mange quand même un petit peu…c’est ma maman qui m’avait fait prendre cette habitude, inquiète, elle-même, quand je ne mangeais rien le matin étant enfant. Elle partit. Je me suis rendormi et me suis levé vers 9h…grâce aux visiteurs qui sont venus, autrement dit, ma famille –oui, je suis aussi une grosse dormeuse–. Je partis tout de suite prendre ma douche à la Bétadine…quelque chose que je n’aimais pas d’ailleurs. C’est une solution qui mousse une fois appliqué sur la peau et une fois sous l’eau…c’est juste cette odeur de désinfectant qui m’horripilais le plus, de même que sa couleur et sa texture : on aurait dit une sauce barbecue…juste qu’elle n’est pas mangeable et presque entièrement chimique. Je remis les habits d’hier juste histoire de traverser le couloir tranquille, sans avoir le cul à l’air. Oui, la douche était commune pour tous et installer à côté du « poste de surveillance » des infirmiers si je puis dire. Une fois dans la chambre, ma maman m’aida à enfiler la tenue… enfin, plutôt le drap bleu en l’attachant pour moi par derrière, histoire qu’on ne voit pas grand-chose. On me dit ensuite de m’allonger sur une plaque de métal roulante avec un drap plutôt douillet et fin par-dessus. Et c’est à partir de là que je ne devais plus faire grand-chose. Le plafond défilait devant mes yeux. Les lumières m’éblouissaient. Des secousses de temps à autre notamment pour prendre l’ascenseur et en descendre. J’essayais de rester calme. Je ne savais pas comment interpréter les choses. Je me suis finalement dis de ne me pas prendre la tête pour un rien. Je n’arrêtais pas de me dire que ça allait passer vite. Après tout, ils ont dit que ça durerai 45 minutes et comme c’est une opération qui est assez courante dans les cliniques ou hôpitaux. Il n’y avait pas de risque particulier. Alors, je priais juste pour que ça passe vite ou pour me débarrasser de cette rotule qui ne m’a apporter que des malheurs ces dernières années. Après avoir fait un petit chemin de 5 minutes, ils m’ont laissé auprès des gens s’occupant de la pré-opération : tout ce qui est préparatif. Ils m’ont repris du sang tout d’abord. Ils m’ont mis un drap et découvert mon bassin pour me piquer avec deux seringues. Ils me mettaient l’anesthésie locale. J’ai juste vu le sachet au dessus de ma tête, qu’ils ont ensuite poser sur moi. Une substance transparente. Je n’arrivais pas à lire sans mes lunettes. Ils tentèrent de me repiquer le bras pour que l’anesthésie se complète. Elle me monta directement à la tête et me sentais à moitié endormi au bout de quelques minutes. Les gens qui s’occupaient de moi ont lu cette réaction sur mon visage. C’était bon pour moi de m’endormir pendant l’opération…si j’y arrivais en tout cas. Mes jambes étaient devenues très lourde. Lorsqu’ils m’ont soulevé la jambe pour mettre un autre drap, je croyais que j’avais toujours ma jambe allongé…avant que je la vois en l’air. C’était déplaisant et assez effrayant.

Ils m’ont ensuite emmené. J’avais à peine reconnu mon chirurgien sous son masque mais je l’ai deviné par ses yeux bleus, son regard. C’allait commencer. La salle était close. Il n’y avait que les lumières des ampoules qui éclairaient la salle et des machines, plus ou moins grandes. Sans comprendre pourquoi, une ou deux minutes plus tard, des larmes coulaient de mes yeux. Je tremblais de tous les membres. Et je me rendis compte seulement après que je gémissais aussi. On me demanda ce qui n'allait pas. Tout ce que je pu dire c'est que je ne savais pas. Ils en ont déduis que j'étais stressée et m'ont calmé par les mots. En effet, je me disais que je n'avais aucune raison de stresser ainsi. Il faisait très frais. Avec ce qu'on m'avait injecté à partir de la main, je m'assoupis vite. Et je n'entendais plus rien. Jusqu'à qu'un son particulier et des "chocs" me réveille. J'ouvrai les yeux mais ma conscience était ailleurs, j'étais vraiment dans les vappes. Je regarde l'heure et me dit que c'est pas normal : deux heures déjà que je suis dans la salle d'opération et n'ont pas fini...au début, on avait prévu 45 minutes si tout se passait bien. J'essaiyais de les voir, mais j'avais oublié le drap bleu ce qui fait que je pouvvais rien voir. Puis un coup, deux coup, trois coup. J'essayais de savoir c'était quel outil : sûrement un marteau et un burin. Ca me chatouillait au niveau de la rotule. A mon avis, ils m'ont enlevé un bout de la rotule. Puis des secousses, à deux reprises. Ils m'ont vissé le tibia avec deux vis.

 

Sihame.

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